Assistant Français en Angleterre

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ENFIN, je vous parle de mon expérience en temps qu’assistante de français au Royaume-Unis. Et oui, j’ai pris mon temps avant de rédiger cet article puisqu’il me semblait essentiel d’avoir assez de recul afin de vous donner un maximum de conseils et de détails sur ce job…
  • COMMENT POSTULER :
Les dossiers sont actuellement disponibles auprès de votre université. Pour info, les critères afin d’être éligible sont : avoir minimum un bac +2 et être inscrit à la fac l’année de votre demande. Vous pouvez postuler dans un grand nombre de pays d’Europe. Pour ma part, je souhaitais vivre dans un pays anglophone. Je n’ai pu postuler qu’en Angleterre car l’Australie, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande n’étaient accessibles que pour les étudiants en LLCE Anglais (je trouve cela des plus stupide mais, passons!).
Vous avez jusqu’à janvier ou février selon le pays demandé pour déposer votre candidature à votre fac et prendre un rendez-vous avec un professeur de langue afin qu’il juge de votre niveau. L’année dernière, quand je suis rentrée de Bournemouth où j’effectuais un séjour linguistique (souvenez vous), je ne me voyais vraiment pas reprendre mon master aussitôt. J’ai ressenti le besoin de retourner vivre à l’étranger et ainsi, continuer à pratiquer l’anglais. Appelons ça une soif d’apprendre ! J’ai pu candidater in-extremis la dernière semaine de janvier. Mon entretien c’est passé on ne peut mieux car je rentrais tout juste d’Angleterre où je parlais anglais du lever au coucher. Comme l’enseignant nous juge sur l’expression orale, je n’ai eu aucun soucis à obtenir le niveau maximum C2. En fonction du niveau obtenu, vous êtes affecté dans des régions plus ou moins désirées. Grossomodo, si vous avez cartonné, vous avez de grandes chance d’aller dans votre premier vœux (on vous demande de classer 3 choix de régions dans votre dossier).
Les dossiers sont à remettre impérativement au bureau affecté de votre université qui se charge de l’envoyer à l’organisme : le CIEP et vous trouverez toutes les informations complémentaires par ici.
Une fois que les dés sont jetés, il n’y a plus qu’à patienter. Courant mai, on vous informe si vous êtes sur la liste principale ou secondaire. Ce n’est pas avant la mi-juillet que j’ai su dans quelle école j’allais enseigner, et donc, où j’allais vivre. J’ai rencontré des FLA (Foreign Language Assistants) qui ont étaient acceptés pour le programme juste deux semaines avant le début des cours !!!! Donc même la liste secondaire à ses chances. Dans mon cas, j’ai été affecté dans mon premier choix de région (comprenant Oxforshire, Bedfordshire et Cambridgeshire) à Bedford.
  • LA PAPERASSE :
Ce paragraphe s’applique uniquement à l’Angleterre et ne sera peut être pas d’actualité dans les années à venir !
Tout d’abord, on vous demande d’apporter votre extrait de casier judiciaire ainsi qu’un certificat médical attestant que vous êtes apte à enseigner. Si vous avez un passeport, c’est mieux. En effet, les Anglais n’ont pas de carte d’identité à proprement dit, donc le passeport est le document « officiel » pour toute la paperasse. Perso, je n’en ai pas mais je ne suis pas un bon exemple ! Il est vrai que j’ai eu plus de difficultés à tout régler que mon homologue espagnol qui lui avait son passeport. Je vous conseil aussi d’apporter une copie de votre extrait de naissance.
En Angleterre, les FLA sont considérés comme des étudiants aux yeux de certains organismes dont celui qui exonère de la taxe d’habitation et des impôts. Ceci dit, notez que les revenus du job seront à déclarer en France. Mon école m’a beaucoup aidé dans ces démarches. Grossomodo, pour obtenir l’exonération, il suffit de remplir un formulaire en joignant une attestation de votre école disant que vous êtes bien FLA.
Pour être payé, il vous faut ouvrir un compte dans une banque anglaise afin que votre employeur puisse vous faire les virements (you don’t say). Un rendez-vous à la banque est l’une des choses à faire au plus vite. Vous aurez besoin d’une lettre de votre école disant que vous travaillez bien pour eux. Personnellement, j’ai choisi la banque Lloyds qui est gratuite pour l’ouverture du compte ainsi que pour toutes les opérations bancaires.
Afin de pouvoir travailler avec les élèves en toute légalité, vous avez besoin de l’équivalence anglaise de votre casier judiciaire. Ce document s’appelle le CRB check. Pour l’obtenir, j’ai du remplir un formulaire avec la plus grande assiduité (j’insiste puisque le mien a été refusé car je n’avais pas mentionné depuis quand je vivais dans la maison de ma mère… euh… toujours???!), qui m’a été fournis par mon école.
  • LE LOGEMENT :
Tout dépend de la ville dans laquelle vous serez affectés mais aussi de vos envies. Pour ma part, il était hors de question de vivre à Londres puisque je n’aime pas les capitales au quotidien, je préfère en tirer que le meilleur, comme mon petit week-end de parfaite petite touriste ! Mais ça, c’e
st mon point de vue bien sur…
Pour moi, c’est donc Bedford. L’année dernière, je vivais chez une famille anglaise et cette expérience était des plus enrichissante, autant d’un point de vue culturel que pour l’apprentissage de la langue en elle même. Cette année, je voulais vivre en collocation pour être plus indépendante.
Comme je suis quelqu’un de complètement peace, je ne me suis absolument pas affolée pour ma future location pendant les vacances d’été. Votre professeur référant, celui qui établi le premier contact entre vous et l’école et qui vous guidera toute l’année, n’est pas obligé de vous trouver un logement. Ils prennent les choses plus ou moins à cœur, rien n’est obligatoire pour eux, donc c’est au petit bonheur la chance. Moi, j’ai eu de la chance ! Mon prof référant m’a accueilli chez elle avec mon collègue espagnol pendant quelques jours le temps que l’on trouve notre logement. Et pour couronner le tout, j’ai trouvé, sur place, un appartement en moins de 3 jours ouvrés. Qui dit mieux ?!
J’ai pu comparer l’expérience du logement avec d’autres FLA et il y a vraiment eu tous les cas : certains ont du passer par la case hôtel le temps de trouver un appartement, d’autres sont restés vivre bien plus longtemps (plus d’un mois) chez leur prof référant et moyennant finance, et enfin, d’autres avaient trouvé un appart pendant l’été…
  • LES DEPENSES / LE SALAIRE :
Attention au premier mois ! Je suis arrivée en Angleterre fin septembre, mais je n’ai été payé pour le mois d’octobre que fin octobre. C’est parfaitement normal vous me direz. Mais ceci étant mis en avant, il faut aussi prendre en compte que le premier mois et celui de l’installation, du nouvel appartement (premier loyer + caution éventuelleent), des abonnements à la carte de réduction du train, au club de gym, au pub du coin ainsi qu’à l’achat de meubles, appareils ménagers et déco manquantes pour la maison ainsi que du premier plein de courses (celui où l’on a besoin de tout, de la farine au dentifrice en passant par du canard WC!)… Parce que quand on part en avion, c’est avec en tout et pour tout 20KG (c’est pourquoi vous avez souvent des impressions de « déjà vu » ici) ! J’ai visité quelques appartements censés être « meublés » où l’on avait paradoxalement besoin de se dégoter un lit (meublé mes fesses oui) ! Pour ma part, nous avons du investir dans des petits trucs en commun pour la cuisine notamment et pour nos déco de chambres sans oublier le duvet, les coussins et le linge de lit.
Vous voyez où je veux en venir ? Le premier mois c’est vraiment un sacré budget en lui même. L’organisme du CIEP conseille de partir avec environ 1000€ de côté. Je pense que c’est grossomodo ce qu’il faut. J’ai encore eu de la chance là dessus car je n’ai pas payé de frais d’agence ni de caution et l’appartement n’a pas demandé trop d’achats.
Côté salaire, nous gagnons 845£ par mois ce qui est largement suffisant, à mon sens, pour vivre à Bedford. Je dirai que la vie est bien plus cher en Angleterre pour ce qui est du logement et des transports en commun. Pour vous donner une petite idée, mon loyer est de 300£ par mois (sans l’eau, et l’électricité) et je paie plus de 50£ par mois pour le bus puisque mon école n’est pas situé dans le centre ville. Grossomodo, la moitié de mon salaire y passe. Concernant le coût de la nourriture, je ne trouve pas de sensibles différences avec la France. Je fais mes courses à Liddle grâce au pouvoir de la mondialisation donc ce n’est pas du tout ruinant ! Et puis, entre les restaurants Indiens et les pubs qui font des offres, on peut manger à l’extérieur pour pas trop cher (comptez moins de 5£ pour un burger et une pinte par ex). Parlons-en du cours de la pinte, on peut aussi s’alcooliser à prix doux en connaissant un peu les bons plans !
  • LE JOB :
On y vient, la raison de tout cet article : le job d’assistant de français. Encore une fois, cela varie beaucoup suivant l’école dans laquelle on est affecté. Je confronte régulièrement mon expérience avec d’autres FLA et les exigences sont vraiment différentes d’une école à l’autre… Déjà, en Angleterre, il faut savoir que côté éducation, on ne lésine pas sur les moyens (au sens propre du terme). En effet, il y a beaucoup d’écoles privées et il y a un grand nombre d’étudiants en quatrième par ex paient 12.000£ l’année. Ayant déjà du mal avec tout le concept de l’éducation payante et des clivages que cela peut engendrer en France, je suis complètement outrée par ce système Anglais. Les frais d’inscription à l’université sont passés de 3.000£ à 9.000£ il y a 2 ans. Et je ne parle pas de l’université de grandes et réputées comme Cambridge ou d’Oxford, puisque n’importe quelle petite université a légalement le droit de demander 9.000£ à l’inscription. BREF c’est un autre sujet, passons, je pourrais en parler des heures…
Tout ça pour vous dire que d’une affectation à l’autre, le travail change beaucoup. Mes copines FLA qui sont en école de filles, privée bien sur, ont des élèves très bon en français, certains sont même quasi-bilingues, puisqu’ils ont payé pour leur éducation depuis leur plus tendre enfance, ont eu des profs de qualités, et surtout, séjourne à Paris dans l’appartement de papa à chaque vacances !
Pour ma part, thanks God, je suis dans une « state school », avec des élèves bruyants et naturels, avec une classe riche d’une grande diversité culturelle… qui parlent français comme des vaches espagnoles ! Les classes qui me sont affectées ressemblent beaucoup à celles que j’avais en mes années collèges et lycées : les cours de langues, on s’en fou ; on glousse pour le moindre petit truc et on flirt à la pause. Du coup, j’ai l’impression de comprendre mes élèves puisque je me revoit, il y a moins de dix ans, me demander ce que j’avais fait au bon dieu pour devoir apprendre par cœur ces p*tains de verbes irrégul
iers.
D’ailleurs, l’une des premières questions qu’ils m’ont posé était : « En France, on vous fait apprendre une langue étrangère comme nous le français ? ». On ressent bien la punition ultime du cours de langue… Quand j’étais au collège et lycée, je n’ai jamais été attirée par les langues. Je suis toujours tombée sur de mauvais professeurs, et du coup, j’ai fait un bac S. Pourtant, aujourd’hui, j’en suis à mon deuxième séjour de vie à l’étranger et je m’émerveille quotidiennement par la culture et la langue. Avec l’expérience de FLA, je suis maintenant fermement convaincue que les langues sont très mal enseignées, chez nous comme ici en Angleterre. Comment un gamin de 15 ans peut décemment en venir à dire « Je n’aime pas l’Espagnol » ? Une langue, c’est un moyen d’expression, de communication, c’est beau, c’est différent… Quand on creuse un peu, ce gamin de 15 ans n’a rien contre l’espagnol, il n’aime pas la façon dont c’est enseigné. Je me rappelle quand j’étais en seconde et que je cherchais à traduire tel ou tel mot et que ma prof me répondait approximativement. Le fait est que la majorité des profs ne sont pas natifs de la langue du pays qu’il enseigne. Être bilingue, si l’on ne vit pas dans le pays depuis 10 ans ou que l’on n’a pas un de ses parents d’une autre nationalité, c’est pour moi du domaine de l’utopique. Alors quand j’ai assisté aux premiers cours de français donné par les profs anglais de mon école, j’ai été sur les fesses. Le cours est donné en anglais, on place quelques petites phrases de français histoire de, on bosse sur un bouquin ennuyeux … exactement comme dans mes souvenirs ! Les gamins accumulent des lacunes parce que, en middle school, ils ont eu des professeurs médiocres. Par exemple, si je fais une leçon sur l’heure, mes élèves vont comprendre le fait qu’on fait tout à l’envers et la manière de le dire en français. Cependant, certains d’entre eux ne savent pas compter jusqu’à 60, à peine jusqu’à 24, et sont donc incapables de me dire l’heure qu’il est. Du coup, j’essaie de leur expliquer ce que j’aurai aimé entendre lors de mes années collèges. Qu’apprendre une langue en classe est essentiel pour avoir des bases et être apte à communiquer dans un autre pays. Qu’ils ne doivent pas avoir peur de se tromper à l’oral car c’est en essayant que l’on apprend ses erreurs. Que je ne leur demande pas de parler avec un accent français car, youhoooouh, regardez, moi je vous parle en anglais avec mon accent Frenchy mais vous me comprenez quand même !! (gros traumatisme du prof d’espagnol qui me faisait répéter « pero » jusqu’à mort s’en suivre). Mon point de vue c’est qu’avoir un accent fait partie de qui on est. J’arrive à bien m’exprimer en anglais, je suis fluent, mais j’ai un accent français. Sans blague, je suis française ! Je ne vois pas d’intérêt à essayer de le perdre. Il y a tellement d’accents différents rien que dans le Royaume-Uni (alors pour la langue anglaise n’en parlons pas) que je n’en vois aucune utilité. Bref, je m’égare, encore…
Revenons à nos moutons car je m’égare encore… Le job de FLA est un contrat de 12h de travail par semaine. Je suis affectée dans 2 écoles. Ma première est une upper school, où je travaille avec des élèves entre 13 et 16 ans. Ma seconde est une lower school où je travaille avec des enfants de 8/9 ans mais seulement 2h par semaine. Du coup, le travail exigé est très différent ! Dans mon upper school, j’assiste littéralement les profs de français : je circule dans la salle, je prends des petits groupes à part pour parler de la thématique abordée, je lis à haute voix avec mon bel accent français de Française un texte pour la classe… En fait, les profs me voient comme une aide pour les élèves mais aussi pour eux. Ils me demandent confirmation d’un mot de vocabulaire, d’une traduction, d’une expression… J’aime beaucoup prendre des petits groupes à part pour avoir leur ressenti sur les leçons et les faire parler français. J’essaie toujours d’avoir de petites conversations avec eux et bien insister sur le fait qu’on venait de converser français ensemble. Du coup, c’est plutôt coolosse puisque je n’ai rien à préparer pour cette école, juste être présente et être française ! Cependant, dans ma lower school, on me demande de préparer des cours pour les enfants. Powerpoint, images rigolotes, chansons et jeux sont au rendez-vous. Les élèves ont 8/9 ans donc c’est un peu de la garderie mais j’essaie de leur transmettre le goût au français, il n’est jamais trop tôt ! Apprendre en s’amusant, youpi…
Je précise que je ne souhaite absolument pas devenir enseignante et je n’ai jamais désiré être prof. Pour moi, cette expérience est enrichissante car c’est mon plus long contrat professionnel (mon contrat dure du 1/10/12 au 31/05/13). C’était la solution la plus intéressante pour repartir vivre à l’étranger puisque je travaille peu et que j’ai un bon salaire. Mon cursus est dans la communication et les masters public dans cette branche proposent rarement de partir en Erasmus. Et comme entreprendre un stage, c’est bien, c’est beau, mais à l’étranger, c’est plus du domaine du bénévolat qu’autre chose, cette solution était de loin la plus intéressante. Du coup, je suis un peu un ovni par rapport aux autres FLA qui eux, désirent tous devenir prof de langues !
  • LE TEMPS LIBRE :
Je le répète mais on a que 12 HEURES DE COURS !!!!!! En gros, je suis en weekend une semaine sur deux le mercredi à 15h et l’autre le jeudi à 15h. Après, il y a les cours à préparer bien sur et mes homologues FLA ont bien plus de travail de préparation que moi. Mais grossomodo, on a vraiment beaucoup de temps libre. Par exemple, il est largement faisable de faire un autre job à temps partiel. Comme l’année dernière je bossais au McDo, j’avais envisager de reprendre ici mais comme mon blog me prends beaucoup de temps… et pourtant, ce n’est pas l’idée de sentir la frite qui manquait ! Sinon, il est aussi possible de valider une année universitaire en parallèle. EVIDEMMENT, mes masters de communication ne proposent pas la FAD (formation à distance) donc c’est dans le cul la balayette ! Ceci dit, je n’ai vraiment pas l’impression de perdre mon temps et encore une fois, cette année me sera des plus enrichissantes.
Personnellement, je fais beaucoup de sport donc je profite de la météo agréable de cet automne pour aller courir au moins tous les deux jours et je compte m’inscrire en salle de gym cet hiver. Mon blog me prend de plus en plus de temps, surtout avec la prise de photos puisque, vous le savez, c’est entre mon trépied et moi que ça se passe… Du coup, je profite de ce temps libre pour améliorer certains aspects de mon blog comme le nouveau design
et je vous prépare une autre surprise pour la fin de la semaine qui m’a, elle aussi, coûté de nombreuses heures de travail ! J’en profite également pour voyager autant que possible et découvrir les villes des alentours. Ainsi, je suis déjà allée passée une journée à Cambridge et un weekend à Londres. La proximité avec la capitale me permet d’y aller pour la journée pour moins de 17£ (prix de l’aller/retour et du métro) et 45 minutes de trajet, comme la semaine dernière pour l’événement In Love With Fashion. Début décembre, je m’envole pour un weekend à Dublin avec les collègues FLA. Bref, je veux en profiter au maximum pour voir le plus de choses possibles sur les terres du Royaume-Uni….

Voilàààààààààààààààààààààààà !

Excusez si c’était indigeste mais j’ai essayé d’aborder toutes les questions que vous avez pu me poser depuis que je suis en Angleterre. Si vous en avez d’autre, n’hésitez pas à m’en faire part et je ferai une mise à jour à cet article. J’espère avoir pu vous éclairer sur ce job et qui sait peut être vous avoir donné envie de poser une candidature ?! En tout cas, je ne peux que vous le recommander !
A demain pour du look,
xx Chloé