CR Marathon Trail Madère (MIUT)

Arrivée course officielle couple

Marathon trail Madère

Lorsque mon amie Aurore me parle de son inscription aux 85km du Madeira Island Ultra Trail, mon sang ne fait qu’un tour ! Cet événement Trail Madère propose 4 formats : MINI (16km), Marathon (42km), ULTRA (85km) et le MIUT (115Km). Le format Marathon est parfait pour moi ! C’est une distance que je connais et qui me permet d’aller encourager ma copine sur ses derniers kilomètres de l’ULTRA. Je prends donc mon dossard pour le MIUT Marathon Trail Madère dès octobre pour 50€.

Pour préparer cette course, il s’agissait surtout de me remettre en forme et de retrouver mon endurance après une grosse pause hivernale (petite blessure + travail par-dessus la tête + déménagement + fêtes de fin d’année + la vie tout simplement !). Je m’impose donc un rythme de 3 sorties minimum par semaine : un rythme que j’aime tant et qui me va si bien aux jambes comme à la tête. Quel bonheur de courir à nouveau mes sorties longues avec les copains du Happy Running Crew. Bref, ce Marathon Trail Madère, je le sens bien bien bien ! Le profil a la particularité d’avoir plus de dénivelé négatif (2360 D-) que de dénivelé positif (1775 D+) et ça, ça me plaît ! J’adore descendre et dérouler comme un petit pottok ! Mais avant d’arriver aux 12 derniers kilomètres plutôt roulants, il y a tout de même 2 pics à atteindre dont le premier qui nous envoie du 900m D+ en 6km. Même pas peur !

Le veille de la course, on retrouve Aurore au retrait du dossard à Machico. On nous installe notre puce sur le camel bag et on retire nos kits de course. À l’intérieur un t-shirt technique, une visière (Adrien a sauté de joie), un sac à dos en tissu et des prospectus. Un kit de course hyper complet qui nous laissera de jolis souvenirs. On découvre tous ensemble l’arche d’arrivée et j’ai des étoiles dans les yeux. C’est clairement la plus belle arche que je n’ai jamais vue ! Le tapis, les flammes, les palmiers, les couleurs, l’océan à proximité, tout y est.

MIUT Trail Madère

 

Compte rendu

Notre départ est donné à 11h à Monte, dans les hauteurs de Funchal. Pour s’y rendre, un service de navette gratuit est proposé pour pouvoir garer notre voiture directement à l’arrivée à Machico. La météo ce jour-là n’est très coopérative, il a plu toute la nuit et ça continu le matin (pensée pour tous les ultra-traileurs partis à minuit et 7h…). On prend le bus sous la pluie mais on croise un arc-en-ciel, c’est de bonne augure non ? De toute évidence je réalise que je me suis fourvoyée sur le climat à Madère (qui c’est la meuf qui a pris que des robes dos-nu et des bikinis dans sa valise ?). Bref, mon kaway, ce héro.

Le bus nous dépose et en rejoignant la ligne de départ, on croise des Carreiros do Monte. Impossible d’arrêter de les regarder tellement c’est absolument génial !!! Je me dis qu’il faudrait qu’ils nous descendent comme ça à l’arrivée… Où est la boîte à idée ? L’ambiance est vraiment conviviale, le DJ au taquet, le speaker parle de chaque nation représentée et crie « Vive la France ». Nous sommes environ 600 traileurs attendant impatiemment 11h dans la joie et la bonne humeur.

Adrien et moi sommes plutôt bien placés dans le SAS. Quand le départ est lancé, je fonce comme à mon habitude ! Pour planter le décor, on a une bonne grosse montée dès les premiers mètres. Je me faufile entre les coureurs et arrive à avancer à bon rythme, laissant Adrien derrière. Je me dis que de toute façon, il me rattrapera au bout de 5 minutes donc je me laisse ce petit moment de gloire. Quand 20 minutes après il ne m’a toujours pas doublé, je sais qu’il y a quelque chose qui cloche. Je ne cesse de me retourner pour chercher son regard et pas manqué, il semble en chier des ronds de chapeaux. Je l’attends donc sur le côté pour reprendre la montée ensemble, il me confirme que ça ne va pas, qu’il n’a ni les jambes ni le souffle et qu’il n’arrive pas à respirer à cause d’une grosse crève. Habituellement quand Adrien n’est pas très bien, on se retrouve côté rythme. Un Adrien pas au top = Une Chloé en pleine forme. Voyons les choses positivement, on va pouvoir courir à Madère ensemble !

La première montée est assez intense, les terrains varient beaucoup, il y a des endroits pavés et d’autres non, et surtout des marches trop petites pour les monter de 1 en 1 mais trop grandes pour les faire de 2 en 2 (avec mon 1m54 j’entends !). C’est dur mais je prends mon temps. On arrive au premier ravitaillement en 1h30 avec déjà 6,5km et 900m D+ dans les pattes. Belle surprise de découvrir la base de vie et l’organisation de folie ! À l’entrée, un panneau indique le nombre de kilomètres effectués avec le dénivelé positif et négatif. Sous la tente, le ravitaillement est super varié et adapté à l’effort. On retrouve du salé et du sucré sous toutes les formes : fromage, tomate, jambon, pâtes, riz, fruits, chocolat, biscotte, Nutella, Coca Cola, eau plate et gazeuse… Je me serai bien arrêtée là pour bruncher mais j’ai juste pris 2-3 TUCs, de l’eau et en avant Guingamp ! En sortie de ravito, une autre pancarte nous indique le nombre de kilomètres et de D+/D- avant le prochain. Let’s Go !

On attaque la première descente qui s’est avérée aussi variée que la montée ! On commence par longer une levada (un canal d’irrigation typique de Madère, le premier d’une longue série), puis on relance sur un faux plat descendant pour terminer sur une partie plus technique en sous-bois. Il y a un peu de monde sur les sentiers donc on piétine un peu mais rien de méchant. Et c’est partie pour la deuxième montée qui commence fort dès le départ. Je prends mon temps comme d’habitude pour me réserver sur la deuxième partie de la course qui semble plus roulante. Deuxième ravitaillement toujours aussi bien organisé, on s’arrête un peu plus longtemps pour récupérer, je teste le quartier de citron toujours avec mes fameux TUCs, un grand verre d’eau et ça repart pour de la descente à gogo !

Encore une fois je m’étonne de la variété des terrains que l’on foule. Certains passages sont vraiment techniques, notamment dû à l’humidité sur les pierres. Mon avant bras s’en souviendra car j’essuie une belle chute en arrière sur un gros caillou ! C’est la première fois que je tombe vraiment pendant un trail et même si je n’ai qu’un petit bobo de rien du tout, j’ai la sensation d’être sonnée et complètement coupée dans mon élan. Je prends le temps de marcher pendant 5 bonnes minutes avant de me remettre à courir. Adrien m’attend et on repart tous les deux direction Machico ! On a déjà fait plus de la moitié de la course en kilomètres, je crois qu’on passe les 21 bornes en 4h environ mais le plus dur est clairement derrière nous car il nous reste quasiment que du dénivelé négatif. On rentre dans un sous bois avec un chemin boueux sur 5 kilomètres environ. C’est à ce moment là que Adrien commence à faiblir et ralentir… Il n’arrive pas à relancer alors que le terrain est super roulant… J’essaie de l’encourager, de passer devant pour le motiver, de me faire discrète à l’arrière mais rien n’y fait et je commence à piétiner. À ce moment là on commence à se faire doubler par les premiers du 115km. Il s’agit dans cette situation de bien s’écarter pour leur laisser la place sur le petit chemin étroit et de ne pas couper leur élan. Les applaudir et les encourager c’est le petit plus Happy Running Crew !

On arrive tant bien que mal au dernier ravitaillement, nous sommes à 5h30 de course et il reste 12 kilomètres de « descente ». Je demande à Adrien s’il va bien et s’il se sent de courir pour essayer de passer l’arche en dessous de 7h. Il me dit que ça ne va pas être possible, qu’il va continuer à marcher tranquillement mais que je peux y aller. Un verre d’eau, un bisou et c’est parti ! 1h30 pour faire 12km de descente c’est largement réalisable vu le profil de la course. Je suis en forme et motivée et j’attaque la première partie de la descente au taquet. En plus la vue est juste magnifique, je cours sur un sentier qui longe la côte, le ciel et l’océan sont plus bleus que bleus !

madeira islant ultra trail MIUT

Seul bémol, c’est quoi ce sentier qui ne descend pas du tout ? Il y a des petits coups de cul tous les 100 mètres, impossible de dérouler… Je vérifie plusieurs fois le profil de la course sur mon dossard et je me dis qu’à tout moment, ça va forcément finir à descendre. 35ème kilomètres toujours pas, 36ème non plus… Puis on commence à courir à côté d’une levada, élue levada la plus longue et ennuyeuse de toutes par les coureurs de la MIUT !!! D’ici on peut apercevoir Machico le village de l’arrivée mais la route semble encore bien longue. Il fait chaud et je manque d’eau. Habituellement je sais toujours quand je vais être à court dans mon camelbag mais là, ça ne prévient pas, j’ai directement eu le « slurp » du fail ! Obligée de demander de l’eau à un participant au risque de me dessécher.

Il me reste environ 3-4km de course et 6h45 au compteur, je sais que c’est mort pour passer l’arche sous 7h alors je me dis que je vais courir le plus possible jusqu’à 7h puis attendre Adrien pour terminer avec lui. En plus ça descend ENFIN donc je ne suis que JOIE ! Je m’arrête dans un virage entre chemin et macadam à 41,5km. Je suis trop impatiente de voir la bouille d’Adrien ! Il descend de la montagne 20 bonnes minutes après, étonné de me voir sur le côté. J’essaie de l’entraîner pour descendre en courant mais il est toujours dans le même état et ne peut avancer. Alors on marche tranquillement, on se raconte nos kilomètres séparés, il fait beau, il fait chaud, on n’est pas pressés. On arrive ensemble à Machico où il y a une super ambiance ! Impossible de ne pas résister, je cours et je saute dans tous les sens. J’encourage mon Adrien, j’essaie de le prendre par la main, je me prends un vent monumental car monsieur n’est pas content qu’il y ait un petit pont à franchir, et puis ça y est, la dernière ligne droite est là, et c’est de loin la plus belle finish line. Adrien me prend par la main et on passe l’arche d’arrivée ensemble. Je saute, je crie, je suis trop HAPPY !

Côté chrono (même si vous avez bien compris qu’on s’en foutait royalement), on termine en 7h30 ! On est hyper surpris de se classer au scratch 324°/531 arrivants et 650 inscrits et 41°/79 de ma catégorie SEF. On pensait vraiment être au fin fond du bas de tableau comme quoi ce n’est vraiment pas une course facile ! Nous reviendrons pour faire mieux car sans tous ces aléas, Adrien passerait facilement sous 6h et moi sous 7h (même si dans ce cas de figure, nous n’aurions pas ce finish magique)

finisher madère trail

Là encore je suis bluffée par l’organisation. On nous remet la médaille du MIUT Marathon, il y a un ravitaillement juste après la ligne d’arrivée, un photobooth et même un dîner offert à tous les finishers. Mais nous ne nous attardons pas trop sur le village après notre course car nous n’avons qu’une chose en tête : Aurore, l’ambassadrice basque du Happy Running Crew qui est sur le 85km. Nous l’avons suivi pendant notre course en actualisant son numéro de dossard et savons qu’elle avance bien. On rentre se doucher en express et on file la voir sur son avant-dernier ravitaillement, là où nous étions quelques heures plus tôt. On se place à la sortie de sa descente et j’encourage à tue-tête chaque traileur qui passe. Quant j’entends Aurore crier « Chloééééé » mon cœur fait boum boum ! Trop heureuse de la voir avec le sourire et si à l’aise après 70km. On l’accompagne jusqu’au ravitaillement et on lui conseille de ne pas se fier au profil de la course car les derniers kilomètres ne sont PAS roulants du tout. Elle repart motivée comme une warrior, et nous retournons à Machico pour l’attendre jusqu’à son arrivée. 3h plus tard, son finish me remet des frissons. Tellement fière d’elle !

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Les formats longs me tentent vraiment, quand j’aurai le temps de m’entraîner et de me préparer à les affronter, je suis certaine de m’inscrire un jour à un ULTRA. Ce n’est pas pour tout de suite que mon agenda le permettra donc d’ici là Aurore aura sûrement fait des dizaines d’ultras et pourra me conseiller son préféré… Affaire à suivre si j’ai toujours mon blog à la retraite qui sait ? Ce n’est pas pour rien que la moyenne d’âge en trail (et en ultra qui plus est) est plutôt élevée !

J’espère de tout cœur que ce compte rendu de Trail Madère vous a plu. C’était vraiment une belle course, j’ai été bluffée par la super organisation et tous les dispositifs mis en place pour les coureurs.

J’ai déjà hâte de faire un autre trail à l’étranger car l’expérience de celui-ci était génialissime. Mais en attendant, prochaine course prévu ce week-end au Pays-Basque ! Je participe pour la 3ème année consécutive à l’Euskal Trail, format 2x25km en binôme avec Manon et j’ai beaucoup trop hâte. Vous pourrez nous suivre sur mon compte Instagram en story ou sur mon compte spécial running @chloe_happyrun !

Happy mercredi,
xx Chloé

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